2019 a été extrêmement porteuse dans le domaine de l’immobilier : une année record même en terme de transactions. 2020 est-elle placée sous les mêmes auspices ? Il y a du pour et du contre, qui dépendent beaucoup du projet qui vous tient tant à coeur comme à celui de bon nombre de Français. De l’investissement à son remboursement, en passant par les aides et la question centrale du prix, nous vous disons tout.

Commençons par les “Pour”. Dans un contexte plutôt morose, il convient de penser aux meilleures solutions pour se doter d’un capital pour les années à venir. Et force est de constater que les moyens communément utilisés ont un peu de plomb dans l’aile : une épargne bancaire en recul, un rendement en bourse pas toujours assuré sans oublier la retraite, dont les droits font l’objet de tous les débats. Alors, plus que jamais, une grande majorité des Français, qui aspire à devenir propriétaire, est convaincue que l’immobilier leur permet de créer ce précieux capital. Achetons maintenant, remboursons le prêt au fur et à mesure au lieu de perdre de l’argent dans une location, plaçons dans la pierre et revendons le moment venu avec une plus-value. Investir dans un logement représente donc plus que jamais une alternative de choix, pour assurer son niveau de vie dans le futur.

Des aides intéressantes

Et en premier lieu, bien sûr, les prêts immobiliers dont les taux d’emprunt, très avantageux en 2019 (1,12% hors assurance, en novembre dernier par exemple), devraient le rester jusqu’en juin voire sur toute l’année à venir.

Après, tout dépend de votre profil ou de votre projet. Vous êtes primo-accédants et vous préparez donc à faire votre première acquisition ? Le Prêt à Taux Zéro ou PTZ a été heureusement prolongé jusqu’à la fin de 2021. Vous cherchez à construire avec l’idée de louer ensuite ? Le dispositif Pinel, qui vous permet de bénéficier d’une réduction d’impôts, est toujours valable cette année pour tous les projets d’immobilier locatif dans le neuf. Et si vous optez plutôt pour l’ancien, pensez au Denormandie, qui viendra aussi soulager votre imposition sur le revenu. Destiné à encourager la rénovation dans l’ancien, il est encore octroyé en 2020, à condition que vous louiez à terme le logement acquis, dans des communes éligibles.

Des prix à la hausse

Votre aventure dans l’immobilier pourrait cependant connaître quelques embûches.

A commencer par celle du prix, qui doit logiquement subir une certaine inflation. Par exemple, celui des appartements devrait croître de 5% après avoir déjà connu une hausse de 5,5 points en 2019.

Les grandes villes dynamiques doivent être particulièrement concernées car elles constituent des bassins d’emploi forts : les personnes en recherche de salaires élevés y sont particulièrement sensibles et tâcheront de s’y installer. Les prix pourraient donc suivre. Dans cette logique, vous avez tout intérêt à rechercher un bien ou à construire dans les villes et villages environnants, moins urbains, moins porteurs, plus ruraux, qui ne devraient pas être impactés.

L’autre facteur qui favoriserait la hausse des prix, ce sont bien sûr les prochaines échéances électorales. Fins stratèges, les maires sortants, s’ils se représentent, n’ont évidemment pas lancé de nouveau projet immobilier sur leur commune, par peur de crisper leurs électeurs. L’offre n’évoluant donc pas dans le bon sens, tendant peut-être même à se raréfier dans le neuf et dans l’ancien, il y a encore moins de bonnes raisons que les tarifs soient stables ou s’affichent à la baisse.

Un remboursement plus compliqué

La dernière embûche pourrait se situer sur l’une des aides et pas des moindres : le prêt immobilier. Il est aujourd’hui courant que banque et futur propriétaire se mettent d’accord sur une période de remboursement de plus de 25 ans : or il se pourrait que cela soit prochainement interdit.

De même, il est possible, pour les ménages les plus aisés, d’impacter leur budget mensuel de près de 40% avec le crédit. Et là encore, malgré la prudence des établissements de prêt, il se peut que ceux-ci fassent machine arrière pour revenir à une situation plus sécurisante pour eux comme pour les emprunteurs : un remboursement qui ne représente qu’un tiers, voire moins, du salaire des propriétaires en devenir. Ceci afin de ne pas encourager à des situations de surendettement et donc de garantir un retour sur investissement optimal.

En bref, si investir dans la pierre représente une excellente alternative pour préparer ses vieux jours, d’autant que les différentes aides disponibles sont intéressantes, plusieurs freins existent. A commencer par le prix, qui augmente nécessairement, mais plus dans les grandes villes que dans les campagnes, sans oublier le manque attendu d’offre, ainsi que les conditions de remboursement du prêt immobilier qui devraient devenir plus sévères. Acheter ou ne pas acheter, telle est la question : la balance semble défavorable, mais tout dépend en fait de votre projet, qu’il faudra peut-être adapter pour le concrétiser sans inquiétude !