Le marché du crédit immobilier aborde septembre 2026 dans un climat moins favorable qu’au cœur de l’été. Les barèmes repartent progressivement à la hausse, avec un mouvement déjà visible sur les durées longues, notamment sur 20 et 25 ans. Pour les ménages qui préparent un achat, cette évolution rappelle qu’au-delà du prix du bien et de la qualité du chantier, le financement reste un paramètre central du projet.
Des taux qui remontent après plusieurs semaines de tension
Depuis la mi-août, les conditions de crédit se durcissent peu à peu. Les banques continuent de prêter, mais elles ajustent leurs offres dans un environnement financier moins confortable. La pression vient en particulier du coût de refinancement, lui-même influencé par les marchés obligataires.
Le franchissement récent du seuil de 4 % par l’OAT 10 ans joue ici un rôle important. Cet indicateur sert de référence aux banques pour une partie de leur financement à long terme. Lorsqu’il monte, les marges de manœuvre se réduisent et les taux immobiliers ont tendance à suivre, avec un décalage plus ou moins rapide selon les établissements.
Repères de taux : 15, 20 et 25 ans
En septembre 2026, les repères publiés pour les prêts immobiliers hors assurance et hors sûretés montrent une progression des taux moyens :
Sur 15 ans
Le taux moyen observé se situe entre 3,23 % et 3,43 %, avec un meilleur taux annoncé à 3 %.
Sur 20 ans
Le taux moyen ressort entre 3,40 % et 3,54 %, avec un meilleur taux annoncé à 3,10 %.
Sur 25 ans
Le taux moyen se place entre 3,53 % et 3,61 %, avec un meilleur taux annoncé à 3,25 %.
Ces niveaux restent dépendants du profil emprunteur, mais ils confirment une tendance claire : plus la durée s’allonge, plus le coût du crédit s’alourdit, et plus la hausse récente pèse sur la mensualité comme sur le coût total du prêt.
Pourquoi les banques restent sélectives malgré la concurrence
La remontée des taux ne signifie pas que les banques se retirent du marché. Au contraire, elles restent en concurrence pour attirer les dossiers jugés solides. Les meilleurs profils continuent donc d’avoir accès à des conditions plus intéressantes que la moyenne.
Dans les faits, les établissements regardent de près plusieurs éléments : revenus, apport personnel, stabilité professionnelle, montant emprunté et cohérence globale du dossier. Un emprunteur avec un projet bien calibré peut encore obtenir un taux attractif, même dans une phase de tension.
À l’inverse, les dossiers plus fragiles risquent de subir davantage la hausse en cours, surtout sur les durées de 20 et 25 ans, déjà les plus sensibles à l’évolution du marché.
Deux rendez-vous susceptibles de peser sur le marché
Le mois de septembre 2026 comporte deux échéances à surveiller de près.
- Le 10 septembre 2026, avec la décision de la BCE, qui peut influencer l’orientation générale des conditions de financement.
- Le 1er octobre, avec la révision du taux d’usure, qui peut modifier le cadre d’accès au crédit selon les profils et les durées.
Ces rendez-vous n’imposent pas à eux seuls la trajectoire des taux immobiliers, mais ils peuvent accentuer ou ralentir le mouvement déjà engagé.
Ce que cela change pour un projet de maison
Pour un projet de construction, cette remontée des taux mérite une attention particulière. Le budget global dépend non seulement du coût du terrain, du contrat de construction et des équipements, mais aussi des conditions du prêt. Une hausse même limitée peut réduire la capacité d’emprunt ou obliger à revoir certaines options du projet.
Dans ce contexte, comparer plusieurs offres reste essentiel. Un bon montage financier peut faire la différence entre un projet simplement envisageable et un projet réellement soutenable sur la durée.
Pour les futurs propriétaires, l’enjeu n’est donc pas seulement de repérer un constructeur sérieux, mais aussi de sécuriser un financement adapté, au bon moment, avant que la hausse ne se prolonge.


